Gabriel Jesus raconte la vérité derrière son départ de Manchester City

Une renaissance à Arsenal la revanche du travail et de la confiance

L’attaquant brésilien Gabriel Jesus, aujourd’hui pilier de l’attaque d’Arsenal, est revenu sur les raisons profondes qui l’ont poussé à quitter Manchester City à l’été 2022. Dans une longue interview, il a révélé un épisode précis qui a marqué un tournant dans sa carrière : un match de Ligue des Champions contre le Paris Saint-Germain, où il s’est senti trahi par les décisions de Pep Guardiola.

Ce soir-là, à l’Etihad Stadium, l’entraîneur catalan avait choisi d’aligner Oleksandr Zinchenko, habituellement latéral gauche, en faux neuf, laissant Gabriel Jesus sur le banc. Une décision inattendue, d’autant plus que l’attaquant s’était entraîné toute la semaine à ce poste en vue de cette rencontre capitale. « Contre le PSG, Guardiola a aligné Zinchenko en faux neuf. Ligue des Champions, PSG, à domicile. C’était aberrant. La veille du match, à l’entraînement, il ne l’avait même pas fait jouer, mais m’avait aligné comme attaquant », a raconté Jesus. Ce choix a profondément bouleversé le joueur brésilien, au point qu’il a envisagé de quitter immédiatement le club.

Une nuit de frustration et de remise en question

Pour Gabriel Jesus, ce match symbolise l’un des moments les plus difficiles de sa carrière. À seulement 24 ans, il portait déjà de lourdes attentes à Manchester City, mais la concurrence féroce et les expérimentations tactiques de Guardiola l’ont souvent laissé dans l’incertitude. Il se souvient encore de sa réaction lorsque la composition officielle est tombée. « Après l’annonce de la composition, j’étais incapable de manger. Je suis allé dans ma chambre, j’ai pleuré, j’ai appelé ma mère et je lui ai dit : “Je veux partir. Je rentre à la maison parce qu’il l’a fait jouer lui et pas moi.” Il avait aligné un latéral gauche. J’étais hors de moi. »

Ce sentiment d’injustice s’est mêlé à une profonde désillusion. Gabriel Jesus, pourtant performant lors des entraînements et des précédents matchs, s’est retrouvé écarté au profit d’un joueur dont la position naturelle n’était pas offensive. Cette décision l’a complètement désorienté : « Je ne me suis même pas échauffé. J’étais complètement paniqué, je suis resté planté là. J’étais malade. » Pendant la rencontre, City a d’abord tenu bon, mais dès la reprise de la seconde période, Kylian Mbappé a ouvert le score pour le PSG. Guardiola s’est alors tourné vers Jesus et l’a appelé pour entrer en jeu. Une ironie cruelle pour le Brésilien, encore secoué émotionnellement par ce qui venait de se passer.

Une nuit de frustration et de remise en question

Cette soirée restera gravée dans sa mémoire non pas comme un simple épisode sportif, mais comme un point de rupture dans sa relation avec Guardiola.Malgré ce désaccord, Gabriel Jesus a toujours reconnu le génie tactique de Pep Guardiola. Le Brésilien a souvent déclaré avoir énormément appris sous ses ordres, notamment en termes de mouvement sans ballon, de pressing et d’intelligence de jeu. Mais il admet aussi que travailler avec un entraîneur aussi exigeant peut devenir mentalement éprouvant. Sous Guardiola, la concurrence était féroce : Sergio Agüero, Raheem Sterling, Phil Foden, Riyad Mahrez ou encore Bernardo Silva pouvaient tous prétendre au même poste. De plus, l’Espagnol avait une habitude déconcertante de changer sans cesse la position de ses joueurs, cherchant en permanence à innover tactiquement.

« Pep est un entraîneur incroyable. Il m’a beaucoup appris. Mais parfois, il fait des choix que tu ne comprends pas. Et quand tu es jeune, c’est difficile à encaisser », confie Jesus. Ce manque de stabilité a fini par le convaincre qu’il avait besoin d’un environnement où il pourrait jouer régulièrement et retrouver la confiance. À Arsenal, sous la direction de Mikel Arteta – un ancien adjoint de Guardiola –, il a trouvé exactement ce qu’il cherchait : un entraîneur qui croit en lui et un système de jeu qui met en valeur ses qualités.

Une renaissance à Arsenal : la revanche du travail et de la confiance

Depuis son arrivée à Arsenal, Gabriel Jesus s’est imposé comme l’un des leaders techniques et mentaux du groupe. Son énergie, sa combativité et sa capacité à motiver ses coéquipiers ont conquis les supporters des Gunners. Sous Arteta, il joue un rôle central, non seulement comme buteur, mais aussi comme pivot mobile capable de créer des espaces pour Bukayo Saka, Martin Ødegaard ou Gabriel Martinelli.

« À Arsenal, je me sens libre. L’entraîneur me fait confiance, il me parle beaucoup et il me laisse exprimer mon football. Quand tu sens que ton coach croit en toi, tu veux tout donner », explique-t-il. Cette confiance retrouvée s’est traduite par des performances remarquables dès sa première saison : des buts décisifs, des passes importantes, et surtout une attitude exemplaire sur le terrain. Sa polyvalence, que Guardiola voyait parfois comme une faiblesse, est devenue à Arsenal une arme tactique redoutable. Il peut jouer en pointe, sur l’aile ou même en soutien d’un autre attaquant.

Gabriel Jesus